Château de Falaise
le château de Falaise, Calvados, Normandie
Le château de Dieppe
Château de Dieppe, Normandie
Guillaume le Conquérant
Guillaume le Conquérant, Falaise, Calvados
Château Robert le Diable
Château Robert le Diable, Moulineaux, 76, Normandie
Le Mont Saint Michel
Mont Saint Michel, Normandie
Jardin à la française
Château de Vendeuvre, jardin à la française
Milord, Haras du Pin
Un Milord, Musée Haras du Pin, Orne, Normandie

Jeanne d Arc en route pour le bûcher

(Jeanne d'Arc en route pour le bûcher)

Rouen, où le destin de Jeanne d'Arc fut scellé

"Souvenons-nous, Français, que la patrie chez nous est née du cœur d'une femme, de sa tendresse et de ses larmes, du sang qu'il a donné pour nous..." Jules MICHELET Introduction à Jeanne d'Arc 1853 Depuis 2014, entre mi-juin et mi-septembre, le spectacle "Cathédrale de Lumière , je m'appelle Jeanne" retraçant la vie de Jeanne d'Arc , est projeté sur la façade de la cathédrale de Rouen chaque soir d'été, à la nuit tombée..... Une année plus tard, en février 2015, entre les murs de l'ancien palais archiépiscopal de Rouen , les portes d'un tout nouvel historial entièrement dédié à Jeanne d'Arc se sont ouvertes.....

Un hommage à la jeune fille brûlée vive dans la cité normande le 30 mai 1431. A partir du 28 mai 2016, le panorama XXL plonge le visiteur dans l'histoire de ROUEN au XV ème siècle … Mais l'histoire de cette époque, c'est aussi Jeanne d'Arc. Plusieurs scènes témoignent de sa vie tragique et émouvante dans la cité normande . On la voit se faire conduire en ville , et dans son cachot......., le bûcher lui-même en flammes … jusqu'à la dispersion de ces cendres dans la Seine....... A ROUEN, le souvenir de Jeanne d'Arc s'inscrit dans le paysage urbain. Figure marquante de l'histoire de France, symbole féminin pour les uns, sainte populaire pour d'autres., Jeanne d'Arc est un personnage populaire qui suscite un intérêt national. C'est un SYMBOLE UNIVERSEL qui porte des valeurs de lutte contre l'oppression. ROUEN a décidé d'honorer son héritage et généahistoire ne peut qu'elle aussi y prendre part. Nous allons tout d'abord, retracer plus brièvement l'épopée fulgurante de Jeanne, mais surtout sa présence à ROUEN et les procès qui s'ensuivent, sa condamnation et sa réhabilitation 25 ans après sa mort en 1456. Peut-être comprendrons nous mieux à travers ce destin hors-norme, la personnalité courageuse, héroïque de JEANNE.

Bar-Jeanne-d-Arc Rouen, place de la pucelle         Monument Jeanne-d-Arc Bonsecours, Rouen

(Le bar Jeanne d'Arc, place de la Pucelle, Rouen, et à droite, la statue de Jeanne qui domine la ville de Rouen.L'emplacement , ville de Bonsecours)

De la Lorraine aux portes de Chinon

Fille de laboureurs aisés, Jeanne est née dans le village frontalier ( entre la France et la Lorraine) à Domrémy en 1412. A l'époque de sa naissance, la France est en piteux état. Depuis 1337, la France est en guerre contre l'Angleterre, une guerre qui durera plus de 100 ans..... Le père de Jeanne ,Jacques d'Arc est un notable du village. Il est aussi chargé de défendre les incursions des routiers anglais et bourguignons. La mère Isabelle Romée ( On donnait alors ce patronyme à celles qui avait accompli un grand pèlerinage à ROME, à St Jacques de Compostelle ou au Puy-en-Velay) était issue de parents aisés et très pieux. Au total, un père et une mère  "d'honnête conversation"  Jeanne est typique de ce milieu populaire où le sentiment religieux s'est approfondi. Il faut bien noter que sa culture religieuse reste essentiellement orale.... A partir de 1425, âgée d'environ 13 ans, elle entend pour la première fois les voix de Sainte Catherine, Sainte Marguerite et Saint Michel... Ses voix deviendront de plus en plus pressantes au cours des années suivantes... Un jour vint où Sainte Marguerite et Sainte Catherine lui dirent :  "Fille de Dieu, il faut que tu quittes ton village et que tu ailles en France"

 Jeanne répondit  "Je ne suis qu'une pauvre fille, ne sachant ni chevaucher, ni guerroyer" Mais les saintes insistèrent : "Prends l'étendard de par le Roi du ciel, prends le hardiment et Dieu t'aidera" Un autre jour, la voix céleste de l'archange St Michel se manifesta et dit à Jeanne :  "Fille de Dieu, tu iras vers le capitaine Robert de Baudricourt, en la ville de Vaucouleurs, afin qu'il te donne des gens pour te conduire auprès du gentil dauphin". Jeanne obéit à cette voix et à celles des saintes qui lui parlaient déjà depuis si longtemps.... et, avec l'aide d'un oncle, elle va réussir à rencontrer le capitaine royal Robert de Baudricourt , fidèle soutien du roi du dauphin Charles VII. Ayant su convaincre le capitaine, Jeanne obtient une escorte, en réalité une poignée d'hommes et quitte Vaucouleurs le 13 février 1429 Le voyage s'annonçait périlleux. Pour éviter toute mauvaise rencontre, elle avait fait tailler ses cheveux en rond, à la manière des jeunes garçons et avait troqué ses habits féminins contre des vêtements d'hommes. Elle avait reçu des souliers, des éperons, un harnais de guerre comme un homme d'armes, et , finalement Robert de Baudricourt lui avait offert une épée. . Une dizaine de jours plus tard,le 25 février 1429, elle rencontre CHARLES VII à CHINON et lui révèle les quatre prédictions que les voix célestes lui ont dicté . : Rencontrer le futur roi de France CHARLES VII, lui redonner confiance.... Délivrer Orléans Faire sacrer CHARLES à REIMS Bouter les Anglais hors de France Elle n'aura le temps que d'accomplir les 3 premières prédictions....... C'est une jeune fille déterminée, énergique. Rien ne peut l'arrêter. Animée d'une foi inébranlable, Jeanne veut prendre tous les risques pour sauver la FRANCE.. Rien ne paraît pouvoir l'apeurer..... Troublé , le dauphin et ses conseillers décident alors qu'ils n'ont plus rien à perdre sinon faire confiance à Jeanne et l'aider dans ses projets...La situation de la France était désespérée.

Situation de la France en 1429

Résumé : Pendant plus d'un siècle (1337/1453) les Anglais vont tenter de conquérir la France, et les français vont surtout essayer de résister. Les deux pays vont s'épuiser en luttes incessantes. En 1415, c'est le désastre d'Azincourt. Rouen est prise, la Normandie perdue. En réalité la France est séparée en 2 principaux territoires : Possessions sous domination anglo-bourguignonne au nord ( jusqu'à la Loire) Possessions (territoires restés fidèles à CHARLES VII (au Sud de la Loire) avec les Armagnacs comme principaux alliés Traité de Troyes Le 21 mai 1420, Le duc de Bourgogne Philippe le Bon ( allié des Anglais) et Isabeau de Bavière, alors Reine de France font signer au roi français CHARLES VI dit le fol ( ou le fou) à TROYES un traité honteux par laquelle il est précisé que le dauphin CHARLES VII est indigne de la couronne française. De plus, HENRI V ( roi Anglais) va épouser CATHERINE DE VALOIS ( fille de CHARLES VI le fol) . HENRI V peut prétendre à gouverner la France et devenir ROI de FRANCE. En attendant, HENRI V gouvernera le pays en accord avec le puissant duc de Bourgogne PHILIPPE LE BON.( Au nord de la Loire) La France se retrouve donc avec 3 rois : le Roi d'Angleterre, le Roi fol CHARLES VI et le dauphin CHARLES VII ( fils légitime de CHARLES VI). 1422,Mort du roi d'Angleterre HENRI V et du roi de France CHARLES VI dit le Fol. Logiquement le dauphin CHARLES VII devrait succéder à son père, mais cette succession devient problématique puisqu'il réside le plus souvent à Bourges , n'ayant autorité que sur la partie sud-ouest de la France, la Guyenne exceptée. Quand aux anglais, ils vont passer sous la régence du Duc John BEDFORT ( frère puiné du roi défunt HENRI V), puisque le petit héritier HENRI VI est âgé de 9 mois à peine. Le duc de Bedfort va assurer avec fermeté le gouvernement de l'Angleterre et de la France anglaise. Il réside à ROUEN le plus souvent. Bien qu'il soit marié, il veut être chanoine de la cathédrale de Rouen et il recevra l'habit canonial le 20 octobre 1430. A sa mort, en 1535, il sera inhumé dans le chœur de cette cathédrale Chaque parti va proclamer roi son prétendant : Les bourguignons reconnaissent HENRI VI ( sous la régence du duc de Bedford) tandis que les Armagnacs soutiennent le dauphin déchu CHARLES VII La situation est désespérée

Le siège d'Orléans

En octobre 1428, poursuivant leurs hostilités, les troupes anglaises de Thomas Montaigu, Comte de Salisbury campent. devant Orléans, après avoir sécurisé auparavant le périmètre environnant. Orléans est une ville stratégique car en s'emparant de la cité, les anglais pouvaient non seulement envahir les territoires au sud de la Loire mais aussi atteindre plus facilement le dauphin CHARLES VII.

Jeanne d'Arc à Orléans

Délivrer Orléans était devenue une priorité. Privée d'approvisionnement la situation de la ville semblait désespérée. . Après une longue et belle défense, Orléans assiégé était sur le point de succomber..... Tout va changer en quelques semaines. Après avoir convaincu le « gentil dauphin »à Chinon, Jeanne devient un authentique chef de guerre pourvu d'une maison militaire avec écuyer, intendant, héraut chargé de porter ses messages ….. Quand à son équipement, Jeanne avait eu un mandement de Sainte Catherine et de Sainte Marguerite pour faire un étendard. : " Prends l'étendard de par le Roi du Ciel" lui avaient-elles dit. Et l'étendard de grosse toile blanche frangée de soie montrait Notre Seigneur, assis sur un trône, bénissant de sa main droite levée, la gauche tenant la boule du monde. Deux anges l'entouraient, portant des fleurs de lis. Et Jeanne avait fait écrire sur champ les mêmes fleurs françaises et royales,  "Jésus Maria" Son étendard était celui de l'ESPERANCE Elle avait aussi fait peindre ses armoiries, une colombe d'argent tenant en son bec une banderole où l'on pouvait lire "De par le Roi du Ciel". Elle choisit en outre de faire faire un petit étendard ( un pennon) sur lequel était l'image de Notre Dame recevant le salut de l'ange.. Quand à l'épée, Jeanne voulut une épée bien particulière qui se trouvait derrière l'autel d'une chapelle dédiée à Sainte Catherine, en Fierbois. ( On murmure qu'il s'agissait de l'épée de Charles Martel, vainqueur des Infidèles,........ ) Tous espéraient en Jeanne. Montée sur son cheval blanc, ayant à sa gauche Jean de Dunois ( capitaine d'Orléans, fin stratège, bien aguerri aux faits de guerre), et derrière elle les principaux capitaines.... et accompagnée de ses 2 frères , le 25 avril 1429, Jeanne se trouve à Blois, escortée de près de 3 000 hommes, 60 chariot de vivres et 435 chariots de bétail . Gilles de rais et le maréchal de St Sévère dirigent le convoi. Sur leur passage, la population se pressait ( hommes, femmes, enfants témoignaient leur joie). Le 28 avril Jeanne arrive au sud d'Orléans, à Olivet. A cette époque les soldats ressemblaient d'assez près à des brigands et jusque là les archers anglais avaient été INVINCIBLES.... Mais grâce à la ruse, à la force et à la foi de Jeanne d'Arc le 8 mai 1429 Orléans est libéré. D'autres victoires s'en suivirent dans le pays de Loire …...

Couronnement de Charles VII à Reims

Le 29 juin 1429, l'armée royale se met en marche. Jeanne conduit son armée et son roi à REIMS. La cérémonie a lieu le 17 juillet 1429. Dans la vaste cathédrale, CHARLES VII est sacré ROI DE FRANCE par l'archevêque. Jeanne se tient près du roi, une Jeanne figée, regardant droit devant l'autel. l'étendard que Jeanne avait déployé était comme la protectrice armée du Roi CHARLES VII, celle que Dieu avait envoyée pour que ce sacre ait lieu. La cérémonie terminée, Jeanne se jette à genoux et pleure à chaudes larmes. C'est le plus beau jour de sa vie . Déjà, elle sentait la fin de sa céleste mission........ Cette folle chevauchée a donné à la France un souverain et une héroïne..

De Compiègne à Rouen

Les heures glorieuses du sacre n'étaient plus qu'un souvenir.....CHARLES VII mélange la faiblesse et l'autoritarisme. Il va vite se révéler décevant et commencer une mise à l'écart de la pucelle d'Orléans. Certes, elle a rempli une grande partie de sa mission mais elle risque de le gêner, et puis les petites gens commencent à trop croire en elle. Cela devient une dangereuse concurrence....... Au printemps 1430, Jeanne va donc réunir elle-même une petite armée et s'avançait au secours de COMPIÈGNE menacée par les Bourguignons ( alliés des Anglais). Au cours d'un engagement, elle est cernée, puis jetée à bas de son cheval ; elle doit se rendre. Ses ennemis la capturent et la transfèrent au château de Jean de Luxembourg le 24 mai 1430 .Les Bourguignons vont vendre Jeanne aux Anglais pour une somme de 10 000 livres tournoi (6 fois le prix d'un grand seigneur, c'est pratiquement le montant d'une rançon royale.) Ceux ci n'ont qu'une idée en tête : la faire disparaître. Qui pourrait intervenir et la sauver ! CHARLES II. Il n'en fera RIEN.

Jeanne d'Arc arrive à Rouen

Jeanne va d'abord de prison en prison ( la Tour de Beaurevoir, le Crotoy) avant d'être envoyée à Rouen ( Paris étant peu sûr et elle peut avoir des partisans ) En décembre 1430, la captive est transférée à ROUEN , dans une des tours du château de Bouvreuil ( une véritable forteresse construite à la demande du roi Philippe Auguste et détruite au XV ème siècle. Undonjon, haut de 35 m est la pièce maîtresse du château, appelée aujourd'hui TOUR JEANNE D'ARC reste le seul témoin de cette époque. C'est ici que Jeanne est mise en présence des instruments de torture le 9 mai 1431,( tout un arsenal destiné à lui extorquer des aveux mais qui ne sera en réalité pas utilisé.) Jeanne est emprisonnée dans une autre tour du château, , au premier étage, dans dans conditions épouvantables. (Une plaque au 102 de la rue portant son nom, témoigne de cet épisode.) On la décrit souvent enchaînée ce dont elle se plaindra à son procès, mais aussi enfermée la nuit dans un réduit. On la nourrit convenablement : il ne faudrait surtout pas qu'elle meurt ailleurs que sur un bûcher, au terme de son procès. Les anglais sont persuadés qu'ils ont capturé une véritable sorcière . Ils veulent surtout son abjuration et la voir disparaître........ Jeanne est seule, traquée, misérable....... Un tribunal de l'inquisition l'attends.....

 

Le procès de Jeanne d'Arc

Qui est habilité à la juger ?

Elle sera jugée comme hérétique et accusée de sorcellerie. Un tribunal a été saisi par le roi de France et d'Angleterre en tant que tribunal ecclésiastique extraordinaire pour juger de la foi et du comportement de Jeanne. Formé par plus d'une quarantaine de savants théologiens, ce tribunal est présidé par Pierre Cauchon .

Qui est Pierre Cauchon ?

Évêque de Beauvais, ( Beauvais se situant sur le territoire du diocèse du lieu d'arrestation de Jeanne ) Pierre Cauchon est l'un des proches du duc de Bedfort . Se rangeant du côté des Bourguignons , il est entièrement acquis à toutes les causes anglaises. Entouré de conseillers et d'assesseurs ( dont certains appartiennent au clergé rouennais ).L'évêque Cauchon n'a aucune indulgence pour Jeanne et se fera au contraire l'ordonnateur empressé de ce procès truqué....

Comment se déroule le procès ?

Le 9 janvier 1431, première réunion pour lancer la phase d'instruction du procès. Les séances se tiennent au domicile de Pierre Cauchon, ou dans la chapelle du palais archiépiscopal. Lorsqu'il s'agit d'interroger JEANNE, les membres du tribunal se rendent dans le château du Bouvreuil, c'est à dire sa prison. Le 21 février 1431, on entend Jeanne une première fois dans la chapelle du château .Les interrogatoires se déroulent alternativement en séances publiques , ou dans le secret de sa cellule.A plusieurs reprises , elle est questionnée , des questions plus insidieuses les unes que les autres, sur son enfance, sa foi, sur les raisons qui lui avaient fait adopter le costume masculin, sur ses opinions politiques......les plus délicates pour Jeanne furent celles qui concernaient  "les voix" qui s'étaient révélées à elle. Elle y répondit avec une imperturbable assurance, mais en ne disant que le strict minimum de sa pratique chrétienne, parce qu'elle estime que cela ne regarde qu'ELLE.... L'âme damnée de Pierre Cauchon dira "Elle était bien subtile, de subtilité appartenant à Femme...." Il s'agit d'une instruction à charge au cours de laquelle on ne cherche qu'à lui faire tenir par mégarde des propos qui pourraient lui être ensuite reprochés comme hérétiques. Jeanne ne bénéficie pas de l'assistance d'un avocat pour la conseiller. On lui proposera d'en choisir un parmi les clercs bourguignons, mais seulement à la fin, quand tout est presque décidé..... 18 avril 1431, alors qu'elle est malade, on vient en petit comité l'exhorter dans sa prison à reconnaître ses erreurs. On lui fait du chantage à la messe, à la communion qu'elle réclame depuis si longtemps. En vain. Le 2 mai, nouvelle admonestation en public. Aucun résultat. Le 9 mai,on franchit encore une étape : on l'entraîne dans la grosse tour du château et on lui montre les instruments de torture.... rien n'y fait. 23 mai 1431 , dernier jour du procès ,elle est emmenée au cimetière Saint Ouen de Rouen, on la fait monter sur un échafaud d'où elle écoute Pierre Cauchon . Celui-ci lit la sentence mort. Jeanne est alors prise de tremblements, car elle comprends que dans peu de temps , elle va être conduite au bûcher. Pour la première fois, elle s'effondre et déclare qu'elle est prête à avouer tout ce qu'on veut. Là-dessus la peine de mort est commuée en un emprisonnement à vie... Jeanne semble sauvée, du moins provisoirement.......'( le verdict ne satisfait guère Le duc de Bedfort) Mais sa force d'âme est loin d'être épuisée et, deux jours plus tard, elle se rétracte. On lui tend alors un dernier piège. : On prend soin de laisser à sa portée des habits masculins ,( on lui dérobe pendant son sommeil, ses autres habits féminins. Il ne lui restait alors pour se couvrir que son ancienne armure) Elle n'avait donc pas le choix, c'est à dire se vêtir à nouveau d'habits interdits .L’Évêque Cauchon survint pour constater qu'elle était retombée dans ses fautes , et par aggravation, elle fut condamnée à périr dans les flammes Le 29 mai, dans la chapelle du palais archiépiscopal, les juges se réunissent et la déclarent officiellement RELAPSE ( c'est à dire retombée dans l'hérésie)

Relapse et exécution

Au matin du 30 mai 1431 , Jeanne est amenée sur la place du vieux marché à Rouen. Vêtue d'une longue chemise blanche, la tête couverte d'une mitre sur laquelle , on pouvait lire ces mots : hérétique, relapse, apostate, idolâtre. Au moment de monter sur le bûcher, elle demanda qu'on aille chercher la grande croix de l'église Saint Sauveur , voisine de l'échafaud, et qu'on lui tienne devant les yeux jusqu'à sa mort. Elle s'écriera d'une voix forte : "Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait par le commandement de Dieu ! Non, mes voix ne m'ont pas déçue ; les révélations que j'ai eues étaient de Dieu." Ceux qui l'avaient vu brûler racontaient qu'ils garderaient à jamais , en mémoire la voix de Jeanne , hurlant dans le feu ce nom de JÉSUS , jusqu'à ce que les fumées l'étouffent et que les flammes la dévorent ….. Il fallut longtemps pour réduire en cendres le corps de Jeanne ! Quel supplice ! Mais le cœur refusa de brûler. Le cardinal de Winchester ordonna "surtout point de reliques, qu'on jette le tout en Seine !" Il ne semble pas que la population rouennaise ait manifesté quelques sentiments de sympathie en sa faveur, tout au plus un peu d'émotions lors du supplice de la jeune Lorraine âgée de 19 ans seulement. Par contre, Jean Tressart, secrétaire du roi d'Angleterre , après avoir assisté au supplice de Jeanne le mercredi 30 mai 1431 dira : "Nous sommes tous perdus, car c'est une bonne et Sainte personne qui a été brûlée" Jeanne est morte sans avoir renié ses VOIX. La fermeté de Jeanne a été impressionnante et son héroïsme a emporté de nouvelles adhésions. .. ;

Bucher Rouen--Jeanne-d-Arc, place du vieux marché  (L'emplacement du bûcher, Rouen, place du vieux marché)

La réhabilitation ( 25 ans plus tard)

Depuis 1435, la position de Charles VII devenait de plus en plus favorable. Le roi parvenait peu à peu à reconquérir La France, ville après ville, toute la Normandie redevenait française. Comme l'avait prédit JEANNE d'ARC, la FRANCE ne deviendra JAMAIS ANGLAISE Charles VII, le faible dauphin, que Jeanne avait mis sur le trône, ne fit rien pour la sauver. Ce n'est qu'en 1450 qu'il ordonna de procéder à l'enquête devant aboutir à la réhabilitation de la future "patronne de France". En 1455, Isabelle Romée, mère de Jeanne, soutenue par ses deux fils Pierre et Jean fit lire une requête . Elle dénonçait " le procès perfide, violent et inique sans l'ombre de droit " et surtout  "sans qu'aucun secours n'ait été donné à l'innocence" de Jeanne. Une année plus tard, dans la grande salle du palais archiépiscopal de Rouen, le long débat de réhabilitation le 7 juillet 1456. est présenté : L'archevêque de Reims, Jean Jouvenel des Ursins prend la parole : "Nous disons, prononçons et déclarons que les dits procès et sentence entachés de dol, calomnie, d'iniquité, de contradictions , d'erreurs manifestes en fait et en droit, y compris l'abjuration, les exécutions et toutes les conséquences ont été, sont et seront nuls ,invalides, sans valeur et sans autorité " . Jeanne d'Arc fut béatifiée en 1909 et canonisée par le pape Benoît XV, le 9 mai 1920. La même année, le parlement français décida qu'une fête nationale célébrerait, le deuxième dimanche de mai, la pucelle d'Orléans , symbole du patriotisme français. Tel fut l'ordre humain

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 Auteur: Séléna                Technique, photos: Gilles Laffite

Sources : Max Gallo Jeanne d'Arc

                Jean Mabire , Histoire de la Normandie

                Achille Lefort , petite histoire de Rouen  

                Henry Decaëns Histoire de Rouen

                Colette Beaune : Jeanne d'Arc

                Collection Univers de France : Histoire de la Normandie

                Jean-Paul Lefebvre-Filleau , la Guerre de cent ans en Normandie

                Revues : le figaro histoire N°24  

                My Normandie N°12

                Patrimoine normand N°92

                Historia thématique N°104

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