Histoire de Rouen, l'intégration du Christianisme

 «  Après la mort de Jésus Christ sur la croix, ses disciples se regroupèrent en petites communautés .Son histoire et son message sont rapportés dans quatre évangiles ( ou bonnes nouvelles) qui constituent la foi chrétienne. Evidemment d'intenses controverses spirituelles vont opposer ces premiers chrétiens et leurs rivaux juifs ou gréco-romains. Comme les juifs, les chrétiens considérés comme de mauvais citoyens ne prennent pas part aux cultes des Romains et refusent de reconnaître le côté divin des empereurs romains.

En 303, une loi édictée par l'Empereur DIOCLETIEN condamna même les chrétiens aux châtiments les plus sévères. Mais le Christianisme avait déjà des racines solides, et aucune mesure ne réussira complètement à le supprimer. Le christianisme ne va donc cesser de se développer. Il se répandit rapidement dans l'Empire Romain, car les habitants aspiraient surtout à une foi réelle apportant le salut. D'autre part, le réseau routier romain étant très dense et sûr, les disciples du Christ arrivèrent à toucher toutes les régions de l'empire y compris notre région qu'on appellera plus tard la Normandie et surtout ROTOMAGUS (Rouen). » Nous allons tout au long de cet article développer le début du christianisme dans cette ville Gallo-Romaine ROTOMAGUS.

Intégration du Christianisme à Rotomagus (Rouen)

Parallèlement à une occupation romaine, ROTOMAGUS devient rapidement un noyau important de la future église chrétienne en adoptant une nouvelle doctrine et imposant à tous les hommes les mêmes devoirs , proclamant ainsi l'égalité devant Dieu. Aimer les pauvres, les déshérités de ce monde et les défendre contre l'oppression , tel fut le rôle des premiers missionnaires venus pour la plupart de Lyon très vraisemblablement ( N'oublions pas que Rouen ( capitale de la Lyonnaise II et Lyon ( Capitale des 3 Gaules étaient très liées.). Peu à peu les croyances populaires se mélangent entre les croyances celtiques et les instaurations romaines , et finalement aboutissent à une foi nouvelle venue de la Méditerranée. On assiste alors à un véritable CHAOS SPIRITUEL. Désormais le christianisme occupe le devant de la scène d'une religion illicite et très minoritaire. A partir surtout du ralliement des empereurs ( un des premiers, l'empereur Constantin 1er en 312),cette nouvelle religion va s'installer d'abord en milieu urbain et plus tard rural.

Si nous croyons la tradition, le christianisme aurait été prêché à ROUEN dès le 3ème siècle, par Saint NICAIRE dont une de nos églises porte le nom.

Saint MELLON fut probablement un des fervents disciples de Saint NICAIRE et devint le premier évêque de ROUEN vers 260.

Qui est Mellon de Rouen ?

Natif de Cardiff en Grande Bretagne, il se convertit à la foi chrétienne lors d'un voyage à Rome. Il y fut baptisé et ordonné prêtre par le pape ETIENNE Ier et prêcha l'évangile dans les Gaules. Arrivé à ROUEN vers 260, il occupa le siège épiscopal pour une longue durée....

S'ensuivirent une longue lignée d'évêques......

Les premiers évêques de Rouen

La liste est impressionnante mais, nous allons seulement n'évoquer que quelques évêques... Succédant à ST Mellon, on peut remémorer St Avicien, St Sever, St Eusèbe, St Marcellin, Saint Pierre 1er, et surtout St Victrice 393/417 , 7ème évêque de Rouen.

Mais qui est Saint Victrice ?

Ancien officier comme son contemporain St Martin de Tours, il renonce à servir l'état pour se mettre au service d'une nouvelle foi.Il rétablit le culte de Dieu avec tant de bonheur et de zéle que «  ROUEN peu connu auparavant, a depuis porté son nom et sa gloire dans de nombreuses parties du monde.On dit même que Saint Victrice avait fait de Rouen une Jérusalem nouvelle par les temples qu'il a élevés et par les monastères qu'il a fondés.....

Saint VICTRICE jeta sur l'emplacement de la CATHÊDRALE ACTUELLE les fondements d'une église dédiée à Saint Etienne. L'emplacement de la cathêdrale n'a pas varié depuis cette époque.

A cette époque, au début du christianisme , les évêques pouvaient être, hélas, martyrisé pour leur nouvelle croyance , ce qui fut le cas pour Saint Maux ( Maxime) et son frère Saint Vénérand , mais en aucun cas, ces persécutions n'empêcheront à aucun moment les évêchés de se constituer. Le territoire d'une petite commune d'Acquigny, dans l'actuel département de l'Eure, témoin d'un terrible massacre , fut arrosé par le sang des premiers chrétiens......

Histoire de l'évêque Saint Mauxe et le Diacre Saint Venerand

Elle se déroule au début du Vème siècle.

Saint Mauxe , est en effet un évêque d'origine italienne ( né dans le royaume de Naples qui, après avoir fait vœux de pauvreté, se rendit avec son frère de sang Saint Vénérand à Rome où le pape Saint DAMASE consacra Mauxe évêque et Vénérand Diacre , et les envoya prêcher l'évangile .)

Cruellement persécutés pour leur foi, ils vont s'exiler tous deux avec pour compagnons deux prêtres connus sous les noms de Marc et Ethérius . Au bout d'un long périple , ils arrivent en Gaule, et principalement en Normandie espérant prêcher avec ardeur, mais aussi plus librement les vérités chrétiennes. ….

Très précautionneux, tout au long du long chemin, ils ne vont marcher que la nuit, et bien sûr se cacher le jour. Quand ils apprennent que le proconsul SABINUS auquel ils avaient échappé en Italie, était à leur trousses..... Comme il fallait s'y attendre, ils furent vite débusqués , et arrêtés.....

Sous ordre de l'Empereur Romain DIOCLICIEN, SABINIUS va faire décapiter , sans autre forme de procès, Saint Mauxe, Saint Vénérand et 38 compagnons , (nouveaux convertis par les paroles et les miracles du Saint évêque). Puis, sans scrupules, il abandonne là les cadavres sans leur donner la moindre sépulture..... Mais les 2 prêtres Ethérius et Marc, qui ont réussi à échapper à ce massacre décident, la nuit venue, de revenir pour inhumer leurs défunts amis.

Ils vont les enterrer , non pas dans le lieu même du crime ( appelé depuis, champs des quarante martyrs), mais à l'intérieur d'une ancienne église, c'est à dire à l'emplacement de l'actuel cimetière d'Acquigny. Où s’élève la CHAPELLE du martyr SAINT MAUXE.

La légende de Saint Mauxe

L'histoire ne s'arrête pas là.

Quatres siècles plus tard, vers 960 ,un pèlerin étranger, reposant une nuit en bordure de l'Eure , eut une vision étrange et stupéfiante.( L'évêque Mauxe lui serait apparu, tenant sa tête dans ses mains et lui aurait calmement déclaré : « Il faut que tu me sortes d'ici et que tu ramènes mes os chez moi, en Italie » . Le pèlerin acquiesça)

On retrouve l'étranger quelques jours plus tard, près de Caudebec-en-Caux, s'apprêtant à embarquer sur la Seine muni d'un sac contenant les précieuses reliques mais RIEN NE VA PLUS . Le sac reste cloué au sol , et les mariniers qui viennent prêter main-forte s'avouent eux aussi impuissants à le soulever.

Le duc de Normandie Richard 1er, informé du prodige va ordonner que les reliques restent où la volonté divine les a amenées. Il entreprend aussitôt de faire construire une chapelle .dans l'un des côtés du chœur de l'église de Saint WANDRILLE, pour y déposer les ossements récalcitrants. Pour manifester sa reconnaissance ? St Mauxe miracle sur miracle …... Après l'enlèvement furtif que nous venons de raconter le tombeau d'Acaquigny ne conserverait plus que les ossements des 38 compagnons de Saint Mauxe et de Saint Vénérand.

On peut encore aujourd'hui, dans l'église de la paroisse remarquer une inscription latine gravée sur une petite plaque de marbre noir. La traduction serait celle-ci « Ici est le lieu du tombeau et les restes des saints martyrs Mauxe et Vénérand et de leurs trente-huit compagnons ».........

Nous allons maintenant évoquer l'évêque rouennais Saint GODARD

Qui est Saint Godard ?

Saint Godard fut le premier Franc à occuper le siège épiscopal de ROTOMAGUS ( ROUEN) vers 490. Invité par l'évêque REMI de REIMS, nous retrouvons Saint Godard comme participant à la conversion de CLOVIS et au baptême de celui-ci en 496. On prétend qu'il a consacré LÔ évêque de Coutances.....

Selon la tradition, l'évêque Saint Godard fut inhumé à l’église Saint Godard de Rouen . Il aurait été gardé jusqu'en 841, avant d'être déplacé à l'abbaye Saint Médard de Soissons. Il fut nommé PATRON de ROUEN remplacé par la suite par SAINT ROMAIN.( dont on ne manquera pas de raconter l'histoire)

L’église s'organise

Dans les autres cités de la SECONDE LYONNAISE, des évêques vont s'installer notamment à BAYEUX ( Augutodurum), AVRANCHES (Legedia), EVREUX ( Mediolanum), SEES, COUTANCES ( Constancia) et LISIEUX ( Noviomagus). Ils sont tous placés sous l'autorité de l'évêque de Rouen qui prend alors le titre d’Archevêque à l'époque Carolingienne, titre qu'il conserve encore de nos jours.

Sources : Histoire de la Normandie Jean Mabire J.R. Ragache

                Petite histoire de Rouen Achille Lefort 1000 ans normands

                Michel de Decker Histoire de Rouen Henry Decaëns

Auteur: Séléna

Adaptation,co-auteur: Gilles Laffite

Nous ne manquerons pas d' évoquer plus attentivement l'histoire de la Cathédrale de Rouen ainsi que ses nombreuses autres églises..... dans de nombreux autres articles..…

Prochainement un autre article ROUEN et les FRANCS

Submit to DeliciousSubmit to DiggSubmit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to StumbleuponSubmit to TechnoratiSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Ce site utilise des cookies.En naviguant sur geneahistoire-normandie.fr vous acceptez l'installation et l'utilisation des cookies.