Château de Falaise
le château de Falaise, Calvados, Normandie
Le château de Dieppe
Château de Dieppe, Normandie
Guillaume le Conquérant
Guillaume le Conquérant, Falaise, Calvados
Château Robert le Diable
Château Robert le Diable, Moulineaux, 76, Normandie
Le Mont Saint Michel
Mont Saint Michel, Normandie
Jardin à la française
Château de Vendeuvre, jardin à la française
Milord, Haras du Pin
Un Milord, Musée Haras du Pin, Orne, Normandie

Jean François Doublet Honfleur

 

  Le Corsaire Jean-François-Doublet

     Haut personnage de Honfleur

   Jean-François Doublet, Grand corsaire normand !

      Sa vie sera présentée en trois articles:

         1) Jean-François Doublet corsaire, la jeunesse

         2) Jean-François Doublet corsaire de Louis XIV

         3) Jean-François Doublet corsaire, agent secret

 

Jean-François Doublet,apprend à naviguer avec son père

Embarqué clandestinement sur un navire affrété et commandé par son père Jean Doublet, un jeune enfant de 7 ans, bien caché dans l'entrepont , sous des toiles, dormait profondément. Malgré l'opposition paternelle , l'enfant avait habilement déjoué l'attention pour monter à bord du navire. Quand le bateau eut gagné la haute mer, sa cachette fut vite découverte . Son père , rouge de colère lui annonça alors qu'il n'était absolument pas question pour lui de poursuivre son voyage jusqu'au Canada, le premier navire croisé en route pour Honfleur serait chargé de reconduire l'enfant. Par chance, aucun bâtiment ne fut rencontré et il dût rester "sur le navire". Dans sa tête de jeune enfant, les images devaient se mélanger et se succéder. Peu importe, il allait réussir à concrétiser son rêve (accompagner son père et aller pêcher la morue sur les côtes canadiennes pour en faire commerce). Bien sûr, il fera plus, il deviendra " .Aventurier des Océans" . et sa vie ne sera qu'un tourbillon. Essayons ensemble de découvrir ses origines et de suivre ses aventures......

Les origines de Jean-François Doublet

Jean-François Doublet, issu d'une famille nombreuse (16 enfants) et de moyenne bourgeoisie est né à Honfleur (Calvados), vers le mois de Novembre 1655. Son père, maître François Doublet apothicaire de son état à Honfleur durant plusieurs années, rêva de fortune et devint plus tard capitaine-marchand, armateur...On le trouve vers 1659 associé à un armateur de Dieppe Pierre Gelée dans le commerce de marchandises importées du Canada, notamment la morue, l'huile de baleine et peaux de loups marins ( phoques). François Doublet, né lui-même à Honfleur aux environs des années 1620 épousa dans cette même ville le 1er février 1643 Madeleine Fontaine d'origine bourgeoise. On trouve dans sa famille de nombreux tabellions. De plus parmi la tribu "DOUBLET" (frères et sœurs de Jean-François), on peut citer Louis Doublet, chirurgien, lieutenant du 1er barbier du roi en 1664 et 1er échevin (en 1666), etNicolas-Claude Doublet, président et receveur du grenier à sel en 1680 à Honfleur...... et beaucoup d'autres..... Les informations sur la parenté sont nombreuses et précises. Elles ont pu être recueillies dans les registres municipaux, les minutes des anciens tabellionages du pays d'Auge de Grestain et Roncheville. Quand au récit de la vie de Jean-François ( corsaire), voulant satisfaire sa famille et ses intimes amis, Jean-François Doublet raconta avec simplicité et bonhomie ses "aventures" dans un journal. Ces écrits sont actuellement aux "Archives départementale de Rouen (Seine-Maritime)".

Rue Jean François Doublet Honfleur  (Rue Jean-François Doublet)

Premières aventures avec son père

Quand Jean-François Doublet était enfant, il n'usa guère ses fonds de culotte sur les bancs de l'école. Après son premier embarquement clandestin dès l'âge de 7 ans, il ne quittera pratiquement plus le pont des navires pendant plus de 50 ans (quels qu'ils soient ). Dès 1664, son père l'embarque à nouveau avec lui. La traversée fut longue et pénible ( maltraitée par des vents contraires ). Partis en mars 1664, ils arrivèrent à la mi-juin à la Grande île BRION que nous nommerons " la MADELEINE ". Ne pêchant que très peu de morues, ils abandonnèrent l'endroit pour se rendre à l’île percée vers la mi-Août. De nombreux navires étaient déjà présents, surtout les basques. Du mieux qu'il pouvait l'enfant participait à la pêche.

Jean-François entre à l'école jésuite au Québec.

En 1665, son père François Doublet fut demandé par "La Compagnie du Canada" qui lui proposa d’aller au Québec sur un de leur vaisseau havrais en qualité de commissaire le long des côtes du fleuve Saint Laurent, pour y faire creuser une mine de plomb.

70 hommes étaient engagés ainsi qu'un ingénieur allemand et un interprète. François Doublet devait recevoir la somme de 3000F par an, ajouté d'un pourcentage au résultat. Ce qu'il accepta. Outre les hommes, instruments, outillage, nourriture, 18 cavales (juments de race) et deux étalons des harnois du roi , sans oublier les foins pour les nourrir, cette expédition pouvait faire penser à un véritable arche de Noé. la traversée fut assez heureuse. Dès l'arrivée au lieu dit "Gaspée", les hommes se mirent à l'ouvrage, mais ce travail était très dangereux et rapidement on dénombra de nombreux accidents : des hommes furent blessés et même tués.

Soucieux de son instruction, François Doublet mis en pension le jeune Jean-François au collège Jésuites de Québec qui venait d'ouvrir ses portes. Il y restera environ 2 ans avant de revenir à Honfleur. Mais ces premières connaissances le distingueront de la plupart des capitaines qui, à cette époque ne savaient à peine écrire.

Naufrage dans les glaces

En mai 1667, père et fils Doublet ainsi que l'équipage restant quittèrent le Canada pour rentrer en France. Ils faillirent périr car très vite, dès leur départ leur navire fut encerclé d'une quantité de glaces flottantes sur l'eau.

Les premiers temps , ils ne cessèrent de suspendre des câbles sur la coque du navire pour éviter qu'elle soit écrasée par la banquise, mais en moins de 2 jours, les câbles se sont trouvés couper et la partie d'entre les glaces commençait à s'enfoncer au fond de l'eau. Évidemment les vœux et les prières ne manquaient pas. Ils continuèrent de mettre des câbles, mais en vain. Au bout d'une semaine, le bateau fut littéralement broyé et l'équipage dut se réfugier sur la banquise. Il y resta une quinzaine de jours, survivant grâce aux vivres qui avaient pu être sauvés. De plus, la nuit les matelots tuaient des loups marins, des margaux.... avec des morceaux de bois (trouvés dans les débris) . Finalement ils s'accoutumèrent peu à peu à manger leurs chairs crues. Quelques hommes se mourraient. Ils étaient tous désespérés quand ils aperçurent un navire, au loin dans la brume. Cris, pleurs, appels redoublèrent. Ils réussirent à attirer leur attention et après bien des difficultés, ce navire des Sables d'Olonne pu recueillir les survivants du naufrage. Jean Doublet était presque considéré comme mort. De ce naufrage, on déplora le décès de 8 hommes (sur les glaces) et trois autres moururent par la suite, mais les problèmes n'étaient pas encore tous résolus.

Le navire les débarqua à Pain Boeuf( Nantes ). François Doublet, dépouillé de tout ce qu'il avait pu gagner, emprunta à un de ses amis nantais la somme nécessaire pour effectuer le retour sur Honfleur.

Jean-François doublet devient Terre-Neuvas

En 1668, François Doublet s'engagea dans " la Compagnie du Sénégal" emmenant avec lui un autre de ses enfants, permettant ainsi à Jean-François de continuer ses études sous la direction d'un prêtre. Mais c'était mal connaître l'enfant qui ne rêvait que d'horizons lointains. Désobéissant à sa mère, Jean-François pria un de ses proches parents qui commandait un navire pour Terre-Neuve de le prendre avec lui. C'est ainsi, qu'en 1669, âgé d'environ 14 ans il partit pêcher la morue. Cette année là, ils pêchèrent près de 7 mois sur un grand banc, mais au retour les vents du Nord Est contrarièrent l'accostage . Plus de 20 navires terre-neuvas étaient dans le même cas. Seulement les vivres commençaient à manquer, c'était la panique. Il fallut attendre plus d'un mois pour arriver à effectuer l'accostage à Honfleur

                 Suite dans un prochain article : Jean-François Doublet Corsaire de Louis XIV

                                 Sources : Corsaires et pirates de Normandie  (  Michel Lecureur) et journal de Jean-François Doublet

                 Photos: Gilles Laffite

                 Texte : Séléna

                                                    

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