Histoire d'un haras Normand
Le haras du Pin,                                        Château du Haras du pin en 2014, Orne

Le cheval, cette noble conquête de l'homme est présent partout en Normandie et indissociable du paysage de la région.....

L'Orne s'est spécialisé dans le cheval de course. C'est le premier département français pour l'élevage des trotteurs, le 2ème pour le cheval à galop. Le cheval de sport occupe la 3ème place. C'est aussi le berceau de l'une des races de traits emblématiques : le percheron (issu du croisement entre un étalon arabe et une jument de trait). Il n'est donc pas étonnant de trouver dans ce département le FLEURON des HARAS NATIONAUX «  le haras du Pin » niché au creux de la campagne verdoyante de Normandie, au climat souvent décrié, mais idéal pour accueilli «  NOTRE AMI LE CHEVAL ».
Le Haras du Pin nous ouvre sa majestueuse grille d'honneur. Partons ensemble à sa découverte....

Buste de Colbert Haras du pin, Orne  (ci-contre, Buste représentation de Colbert au Haras-du-Pin)


La naissance des premiers haras


Sous le règne de Henri IV, le ministre Sully avait compris l'importance de l'amélioration de la race chevaline.
Sous Louis XIII ensuite, Richelieu souhaite, lui aussi, développer l'élevage des chevaux. Au XVII ème le cheval est élevé dans les petits haras dispersés à travers le royaume. Afin de répondre aux besoins de son armée, Louis XIV souhaite créer un lieu où l'élevage des chevaux serait mission première.
Le 17 octobre 1668, par arrêté du Conseil du Roi, la création de l'administration des haras royaux sont mises en place par Jean Baptiste COLBERT ( intendant et contrôleur général des finances de Louis XIV). COLBERT établit un règlement sur la reproduction des chevaux avec pour objectif de produire des chevaux performants une fois la race sélectionnée. Cette mesure produisit d'excellent résultat mais, JEAN BAPTISTE COLBERT va décéder en 1683.


Histoire du haras du Pin


Le premier haras du Roi est fondé à proximité de Saint Germain en Laye en Yvelines. Cet endroit est peu favorable à l'élevage et ne convient pas à Louis XIV.
En 1774, le Roi charge son grand écuyer Gédéon de Carsault de prospecter vers un lieu plus propice afin de transformer son haras.
La Normandie, province très riche en prairies et pâturages semble toute indiquée. Son intérêt se porte très tôt sur la région du Merlerault ( Orne).. Il se trouve alors, qu'un conseiller d'état ( Monsieur de Nointel) possède des terres au Pin, qu'il consent à céder en échange des terres en Picardie.
Le HARAS d'EXMES comme il est appelé à l'époque va donc devenir le HARAS du PIN. Dès le 2 avril 1715, un arrêt du conseil d'état ordonne le transfert des chevaux de saint Léger au HARAS du PIN.
Construction et aménagement
Louis XIV décède le 1er septembre 1715, la même année que le début des travaux. La construction du Haras commence réellement à l'extrême fin du règne de Louis XIV ,en 1715 et se poursuit sous le règne de Louis XV. A cette construction aussi prestigieuse, on ne peut associer que les architectes célèbres : Robert de Cotte (1656/1735) premier  architecte royal, fut l'un des grands architectes français dans la lignée des MANSART et Pierre le Mousseux ( 1687/1740) architecte extérieur, de 1716 à 1724. Celui-ci bâtit pour le Roi le haras du Pin sous la direction de Robert de Cotte.
De 1715 à 1724 la majorité des bâtiments sort de terre. Les grandes écuries mêlant briques et pierres s'établissent autour d'une grande cour en fer à cheval ( la cour COLBERT) ouverte au nord du château ( résidence de fonction des directeurs successifs) . La toiture ardoise du château contraste avec celles des écuries en tuiles.
Après 15 années de travaux, le premier recteur du Pin Messire François Gédéon de Gassault, écuyer du Roi, prend possession. C'est à cette période que le HARAS DU PIN RAYONNE sur les élevages chevalins français.

l'architecture du Haras du Pin, Orne (l'architecture du Haras-du-Pin)

Le haras du Pin au temps de la révolution


En janvier 1790, l'Assemblée constituante décrète, au nom de la liberté, l'abolition des institutions des haras en France et vend à vil prix les étalons régionaux. Consciente assez rapidement de l'absurdité de cette décision, la Convention vote le 2 germinal de l'an III, une loi portant rétablissement de dépôts de 7 étalons.
Le haras du Pin sous Napoléon
Napoléon va affirmer plus tard la nécessité de l'intervention de l'état dans l'élevage chevalin. Il décidera de le soumettre à des règles très strictes. Le Haras du Pin va retrouver sa légitimité .
Le haras du Pin devient Haras impérial
Des constructions nouvelles émergent au haras : création d'un hippodrome auprès du haras sur lequel se disputeront des courses au galop.
Le pur-sang anglais devient l'étalon phare et de nombreuses importations ont lieu. Cet hippodrome de la bergerie naît en 1820 avec tout d'abord une piste de 2000 m . Pour accueillir le public, des pavillons et des tentes accompagnent la piste.
En 1863, lors de la visite de Napoléon III le haras est consacré IMPÉRIAL. A partir de 1875, des tribunes publiques et la tour du commissaire sont construites.... Les effectifs des haras sont augmentés, dans un but surtout MILITAIRE.


Le haras du Pin après 1870

 
Depuis le 29 mai 1874, un nouvel effort de la production chevaline est imposée. Il est donc nécessaire d'agrandir le haras :
    C'est la naissance du parc aux daims qui prend place à l'arrière des constructions principales : ce groupe sera constitué par un hangar de monte et 3 bâtiments d'écuries encadrant une cour rectangulaire.
     A la même période, la construction de remises destinées aux voitures hippomobiles est commencée. Le XIXème siècle marque l'essor de la traction hippomobile.
     On agrandit toujours : de nouvelles écuries se construisent hors des murs, ce sont les écuries de bois, l'actuelle école des haras. Des pavillons individuels fleurissent à proximité...

Ecurie Haras du pin      Carrosse Milord fermé Jacques de Rotchschild 1875(Carrosse Milord_1875)


Le Haras du Pin et la première guerre mondiale


L'émergence des véhicules blindés décline l'utilisation de la cavalerie et les chevaux disparaissent peu à peu en raison de l'apparition de nouvelles machines agricoles...
Dans les années 1960
L'élevage s'est principalement tourné vers le loisir ( équitation, sports...) sans oublier la compétition ( courses, sauts d'obstacles...) De plus l'élevage des chevaux est poursuivi afin de multiplier, améliorer les races et assurer une production de qualité.
Visite de la Reine Elizabeth d'Angleterre
En 1978, une grande fête du cheval est organisée avec environ 45.000 spectateurs et 400 cavaliers. Le Haras du Pin offre  alors la plus belle scène hippique de France.


Entre tradition et modernité.


Le domaine du haras s'étend sur plus de 1100 ha. Un quart environ est constitué d'herbages et 200 chevaux peuvent y pâturer. Mais le domaine du Pin, c'est aussi l'école Nationale du Haras fondée en 1810. Bon nombre d'ingénieurs, agronomes, forestiers viennent compléter leur formation. Les métiers traditionnels comme palefrenier, maréchal ferrant ne sont pas oubliés.
La jumenterie fait partie de l'ensemble. Elle est le siège du centre de formation pour la maîtrise de la reproduction. Des recherches sont toujours actuellement poursuivies et les techniques modernes de reproduction y sont enseignées.

Ecurie étalons Haras du pin     Nuit d amour de Buissy Haras du Pin (Bel étalon blanc dans son box)


Les artistes peintres et le haras du Pin


Le haras du Pin est magnifié par différents artistes tel EDGAR DEGAS ( réputé pour ses tableaux représentant chevaux et danseuses ). On dispose de 38 carnets représentant le Haras du Pin et les environs d'Exmes, lors de ses séjours dans l'Orne à partir de 1861.. RAOUL DUFY, grand peintre havrais à qui nous devons 2 aquarelles représentant le HARAS du PIN ( aux environs de 1939)
ANDRE MARE , peintre ornais né à Argentan en 1885, excellent cavalier. Il aimait lui aussi prendre les chevaux en les plaçant au 1erplan.
Visite du haras du Pin
Le Haras du Pin «  Versailles du Cheval » tel que le surnommait Jean de La Varende se situe à 180 km de Paris et à 15 km d'Argentan. Actuellement il accueille plus de 50.000 visiteurs à l'année.
En suivant une visite guidée du haras du Pin ( le plus ancien des 23 haras nationaux), le programme vous séduira :
          Les écuries où logent environ 40 étalons
           La sellerie d'honneur , étonnante.

Outils du maréchal-ferrant (les outils du Maréchal Ferrant)

Les voitures hippomobiles du XIXème siècle pour la plupart, classées et protégées comme monument historique
La visite intéressante du château
Chaque jeudi de juin à septembre, on peut assister au prestigieux défilé d'attelages du haras....
Un grand espace muséographique dédié tout entier au monde équin a été aménagé. L'anatomie du cheval, les races, la reproduction, le travail des hommes, l'histoire des lieux... Tout y est ( y compris films, photos, dessins, outils représentant la place du cheval...)
Connu dans le monde entier, un nombreux public peut assister à plusieurs concours et manifestations chaque année...


                   Sources :Patrimoine normand N°87
                               Visite au haras  du Pin au printemps 2014

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